Création de la commune nouvelle d’Arcisses : pourquoi ce nom ?

Le 1er janvier dernier, Margon, Brunelles et Coudreceau – dans le Perche eurélien – ont donné naissance à la commune nouvelle d’Arcisses (Philippe Ruhlmann étant le maire).

Arcisses, une abbaye

   D’après l’historien disparu Philippe Boudet, Arcisses est appelé à devenir un site monastique dès le début du XIIe siècle. En effet, entre 1106 et 1109, après plusieurs tentatives de vie érémitiques, Bernard d’Abeille cherche un lieu où fonder un monastère pour ses disciples : ce sera dans le Perche. Rotrou III, comte du Perche, donne à Bernard un terrain sur son domaine d’Arcisses. Face aux nombreuses réticences des moines clunisiens de Saint-Denis de Nogent, Bernard s’installe finalement à Thiron et devient le fondateur – post-mortem – du grand Ordre de Tiron. En 1147, cette terre d’Arcisses est finalement donnée à l’abbaye de Tiron, qui y fonde un prieuré. En 1225, par la volonté de Guillaume, évêque de Châlons-en-Champagne et comte du Perche, le prieuré prend rang d’abbaye, toujours dépendante de l’abbaye de Tiron, sous le vocable de Notre-Dame du Val-d’Arcisses.

Vestiges de l’abbaye d’Arcisses (cartes postales, www.perche-gouet.net)

   Toujours d’après l’historien, les guerres de Religion du XVIe siècle sont un tournant dans l’historien de ce site monastique. Ruinée et occupée par deux moines, l’abbaye voit son abbé commendataire – Philippe de Blavette – démissionnée en 1627. Les moines sont remplacées en 1632 par des soeurs bénédictines, dirigées par Françoise de Riants (1ère abbesse). La Révolution française chasse l’abbesse Jeanne-Baptiste de Lubersac (soeur de l’évêque de Chartres), les 21 moniales de choeur, les 5 soeurs converses et les 5 donates.

   Aujourd’hui, ne subsiste que la porterie, le moulin, d’anciennes écuries, puisque l’église abbatiale et les bâtiments claustraux ont été détruits lors de la période révolutionnaire.

Vieux moulin d’Arcisses (circulé en 1916) (Cartes postales – www.perche-gouet.net)

Arcisses, un cours d’eau

   Dans ces zones humides d’Arcisses, coule le ruisseau de même nom, qui se jette dans la rivière La Cloche, avant de rejoindre L’Huisne. Le ruisseau l’Arcisses a pu faire fonctionner le moulin de l’ancienne abbaye.

   Pendant la Grande Guerre, d’après Claude et Gwénaëlle Hamelin (respectivement collectionneur de cartes postales et historienne du Perche), M. Gau – adjoint au service de la pêche et de la pisciculture auprès du ministre de l’agriculture – développe l’élevage de poissons d’eau douce. Près de Nogent-le-Rotrou, il crée deux établissements : celui de la Source et celui de l’abbaye d’Arcisses.

Le bassin d’alevinage de la pisciculture Gau (Carte postale ancienne – www.perche-gouet.net)

    »Ces eaux froides et limpides traversent les bassins rectangulaires qu’il a aménagés pour son activité. Pratiquant l’élevage de toutes espèces de poissons dans le dessein de rempoissonner les rivières et étangs, sa clientèle française lui commande des alevins de carpes et de tanches. » Egalement, au lendemain du conflit, « il élève des truites et les espèces de poissons fins et délicats, qu’il expédie en France et à l’étranger pour approvisionner de grands restaurants. »

Ainsi, en prenant pour nom Arcisses, cette commune nouvelle retrouve un passé glorieux de l’histoire du Perche.

Ouvrages publiés par les Amis du Perche

Siguret (Philippe), « En remontant les vallées de la Cloche et de l’Arcisses : Arcisses en Brunelles », Cahiers Percherons, n°7, 3e trim. 1958.

CP n°25, 1967-3 web« Une protestante en exil à Arcisses, d’après le journal d’Anne de Chauffepié », Cahiers Percherons, n°25, 1er trim. 1967. 8€ (frais de port inclus). Pour commander, cliquez ici.

Siguret (Philippe), « Charles Amelot de Gournay, baron de Brunelles, le 6e duc de Sully, comte de Nogent », Cahiers Percherons, n°85, 4e trim. 1985.

Couv cah 121Tropinat (Maurice), « Pour la sauvegarde la rivière d’Arcisses », Cahiers Percherons, n°94, 1er trim. 1988.

Koechlin-Schwartz Vidiame, « Une filiale parisienne de l’abbaye d’Arcisses », Cahiers Percherons, n°121, 4e trim. 1994. 8€ (frais de port inclus). Pour commander, cliquez ici.

140Blondeaux (Laurence), « Dancé-Brunelles, lien de parenté », Cahiers Percherons, n°140, 3e trim. 1999. 8€ (frais de port inclus). Pour commander, cliquez ici.

143Carbonnier (Youri), « L’abbaye d’Arcisses à l’époque moderne, grandeur et décadence d’une petite communauté bénédictine percheronne », Cahiers Percherons, n°143, 2e trim. 2000. 8€ (frais de port inclus). Pour commander, cliquez ici.

Guide des AbbayesBoudet (Philippe), Dreux Brézé (Ghislain de), Galicier (Albert), Greber (Patrice), Guide des Abbayes et Prieurés du Perche et de ses Confins, édition des Amis du Perche, novembre 2016, 190 pages. 23€ (frais de port inclus). Pour commander, cliquez ici.

Couv Métiers - tome 2 bdHamelin (Claude & Gwénaëlle), Les métiers d’autrefois dans le Perche, édition des Amis du Perche, collection « Le Perche en Cartes Postales », mai 2017, 240 pages. 28€ (frais de port offerts). Pour commander, cliquez ici.

Page créée le 6 janvier 2019.

Écrit par

Pas de commentaire.

Poster un commentaire

Message