16-17-18-19 octobre 2013, congrès de la FSHAN : « Être femme(s) en Normandie »

 La Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Normandie

avec le concours des Amis du Perche, de la ville de Bellême, de l’association Bellême-Patrimoine et du Conseil général de l’Orne

Ville de Bellême

Ville de Bellême

 

vous invite au

Communication des intervenants: cliquez ici.

Historiographie sur L’histoire des femmes, par Sophie Montagne-Chambolle

Pourquoi un colloque sur « être femme(s) en Normandie », alors qu’en 1984 à Lisieux la même Fédération des Sociétés Historiques et Archéologiques de Normandie a déjà parlé de « La femme en Normandie » ?

On se contentera de poser quelques jalons rapides sur l’évolution de l’histoire des femmes, évolution qui explique la nécessité de revisiter aujourd’hui, d’une autre façon, l’histoire de la moitié de l’humanité.

L’histoire au féminin est relativement récente : pendant très longtemps l’histoire a été essentiellement celle des faits et gestes des hommes, les femmes restant dans l’ombre sauf quelques rares moments où leur héroïsme ou leur déshonneur les mettait en lumière.

Depuis 1960, un grand mouvement d’écritures et de réflexions vient mettre la femme un peu plus au milieu du monde.

L’évolution des droits civils des femmes, le droit à l’avortement sont des changements sur une période très courte.  Les femmes changent leur manière de penser les femmes.

L’histoire des femmes en France est à peine effleurée avant 1970 et longtemps elle n’a pas de place institutionnelle (ni chaire d’enseignement ni travaux de recherches) alors qu’aux USA le département des women’s studies est créé en 1969 à San Diego State Université.

En 1985 aux USA, il y a 450 programmes d’études et, bien sûr, des bourses d’études et des revues d’histoire des femmes, interdisciplinaires et ouvertes aux réflexions des autres pays.

Les réflexions sur « l’être femme » se fondent généralement sur le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir ; les Américaines prennent aussi en compte les réflexions de Michel Foucault sur la domination masculine.

En France, les milieux philosophiques et littéraires, plus féministes que les historiennes, publient des textes que les revues américaines traduisent. Leur lecture du combat des femmes n’est pas dissociable de leur perception des luttes sociales. Aux Etats-Unis, la domination liée à la couleur de la peau ou à l’origine ethnique est aussi sujet d’études : ces lectures se croisent et la domination liée au sexe en est perçue avec une intensité d’autant plus grande.

Après le temps des luttes pour entrer à égalité avec les hommes dans la vie politique, les années 70 voit les femmes proclamer que « le privé est politique » : la vie personnelle dépend des conditions sociales et historiques, des mentalités acceptées, véhiculées par la société.

En 1984, Michelle Perrot, historienne, dont la thèse portait sur les grèves ouvrières, dirige l’ouvrage Une histoire des femmes est-elle possible ? qui réunit des historiens, femmes et hommes, s’interrogeant sur une lecture sexuée de l’histoire.

En 1986, un collectif d’historiennes (dont Cécile DAUPHIN, Arlette FARGE et Geneviève FRAISSE) publient dans les Annales Culture et pouvoir des femmes. « Il faut maintenant comprendre comment une culture féminine se construit à l’intérieur d’un système de rapports inégalitaires, comme elle en masque les failles, réactive les conflits, jalonne temps et espaces, comment enfin elle pense ses particularités et ses rapports avec la société globale. »

Ces femmes donnaient au mot culture autant son acception classique (productions de l’esprit) que son acception anthropologique (conduites et discours apparemment les moins « culturels »).

Georges DUBY, à la même époque, invite Maurice GODELIER, ethnologue, à animer son séminaire sur les femmes au Collège de France. Ce que disent des femmes les structures de parenté ne valent pas que pour les Iles du Pacifique.

C’est à la fois dans la sphère de la vie privée et dans l’univers politique que les historiennes (et les historiens…) françaises veulent réfléchir à la part de pouvoir que les femmes exercent.

L’année 1987 voit se réaliser le projet (italien) de l’Histoire des Femmes, sous la direction de Michelle PERROT et Georges DUBY. C’est une publication non théorique, destinée à un public très large, ces cinq livres sont découpés sur les grandes périodes de l’histoire européenne (Antiquité, Moyen âge, XVIe-XVIIIe, XIXe et XXe siècle). Ces volumes sont publiés en France en 1991.

L’histoire des femmes n’utilise pas le mot « genre », même si au fil des articles on voit affirmer l’importance du rapport des sexes. Ce terme est très fréquent dans les articles anglais et américains pour caractériser les relations entres les sexes. Dès 1989, la revue britannique Gender and History se donne comme objet d’examiner en quoi les sociétés sont construites par des relations de pouvoir entre hommes et femmes. De ce moment, la notion de genre fut très opérationnelle dans la littérature anglo-saxonne ; elle mit plus longtemps à être utilisée en France, où les auteurs redoutent que la notion ne soit pas assez explicite.

Les usages de ce mot se mêlent ou se complètent pour appréhender un même objet et faire du genre « une catégorie utile d’analyse historique ». « Les rapports du sexe (biologique) et du genre (social, culturel) sont au cœur de la réflexion féministe contemporaine, qui hésite sur la coupure : le sexe est-il la détermination première ? N’appartient-il pas au genre ? » C’est ce que rappelle Michelle Perrot dans « Mon histoire des femmes », émissions faites à France Culture en 2005.

Le colloque organisé à Bellême est organisé avec le dessein délibéré de ne pas décrire les femmes normandes comme en 1984. C’est leur culture, leur identité, la part qu’elle prenne à de grandes luttes, mais aussi la façon qu’elles ont de résister aux infériorités que leur impose la société que l’on voudrait mettre en lumière.

Sophie MONTAGNE-CHAMBOLLE,

Administratrice des Amis du Perche, en charge de l’organisation du Congrès

Autre document :

# Dossier d’appel à communications (à rendre avant le 30 mars 2013), cliquez ici.

 

Exposition:

 

Dans le cadre de la thématique du 48ème congrès, l’association Bellême-Patrimoine organisera une exposition sur Madame Boucicaut, l’épouse du célèbre fondateur du « Bon marché   ».

 

 

Marque-page 48e congrèsRenseignements :
# André Goudeau, secrétaire général de la FSHAN (mat.goudeau@wanadoo.fr)
# Philippe Olive, trésorier de la FSHAN (philippe.olive.expert@wanadoo.fr)
# Sophie Montagne-Chambolle, administratrice des Amis du Perche en charge de l’organisation du Congrès (sophie.montagne@laposte.net).

Les liens Internet :
# La Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Normandie, cliquez ici.
# La ville de Bellême, cliquez ici.
# Le Conseil général de l’Orne, cliquez ici.
# L’Office universitaire d’Études normandes (université de Caen), cliquez ici.
# La Fédération de recherche sur le genre RING (Réseau Interuniversitaire et Interdisciplinaire National sur le Genre), cliquez ici.

Contact:
# Contact et renseignements Bellême-Patrimoine.
# Pour obtenir les listes des hôtels et des hébergements locaux, adressez-vous à la Mairie de Bellême (1 place de la République, BP 105, 61130 BELLEME, 02 33 85 31 00, accueil.mairie-belleme@orange.fr).

Page créée le 28 décembre 2012, mise à jour le 28 octobre 2013.

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