« Le Perche de 1914 à 1918 » : un colloque réussi et enrichissant.

Le samedi 4 et le dimanche 5 octobre 2014, la Fédération des Amis du Perche (et son comité scientifique), les Amis du musée Alain et de Mortagne, la délégation ornaise du Souvenir français et la Fondation des Aveugles de Guerre organisaient un colloque interrégional, à Mortagne-au-Perche (au Carré du Perche), sur le thème suivant :

Le Perche de 1914 à 1918

Les partenaires

 De l’avis de tous, que ce soit les présidents présents ou représentés (Stéphane TISON, le président scientifique du colloque ; Alain MORIN, président des Amis du Perche ; Catherine GUIMOND, présidente des Amis du musée Alain de Mortagne ; Thierry LETERRE, président des Amis Alain ; Pierre TRICOT, président de la Fondation des Aveugles de Guerre) ou encore des autorités constituées (Grégory LECRU, sous-préfet de l’arrondissement de Mortagne ; Véronique Louwagie, député de la circonscription Mortagne-L’Aigle ; Jean-Claude LENOIR, sénateur de l’Orne et président de la CDC de Mortagne; Jacki DESOUCHE, maire de Mortagne-au-Perche; et de nombreux conseillers généraux), ce colloque est une réussite.

Le Carré du Perche, un espace culturel de rencontres.

Le hall d’accueil du Carré du Perche, lors de la pause du samedi après-midi : un espace d’échanges et de rencontres. Au 1er plan, le stand des Amis du Perche de l’Orne. (© Gaëtan Vaudron, APO)

Durant deux jours, le Carré du Perche a vécu au rythme des commémorations de la Grande Guerre. A l’image du hall d’accueil, ce fut un espace d’échanges, de rencontres. Les associations organisatrices (Amis du Perche, Amis du musée Alain, Souvenir français, Fondation des Aveugles de Guerre) et partenaires (Conseil Général de l’Orne, Préaux-Patrimoine) disposaient de stands, pour présenter leurs ouvrages ou leurs actions. Par ailleurs, des auteurs ont pu dédicacer leurs ouvrages : Stéphane Tison, Gérard Bourdin, Patrick Bard, etc.

Une partie du forum de la communauté était devenue une salle d’expositions. Quatre expositions étaient visibles :

Des expositions fréquentées et appréciées. (© Gaëtan Vaudron, APO)

# « Un village à l’Arrière dans la guerre, d’après les photographie de Paul Lancre », par les Archives départementales de l’Orne (un service du Conseil général de l’Orne), labellisé par la mission « Centenaire de la Première Guerre mondiale ».
# « Mémoire de guerre, mémoire de verre », réalisée par Patrick Bard et Marie-Berthe Ferrer, labellisée par la mission « Centenaire de la Première Guerre mondiale » et prêtée par la municipalité de Préaux-du-Perche.
# « Alain et la guerre », par les Amis du musée Alain et de Mortagne.
# « 1914-1920, d’après les almanachs » (collection privée)

Carré du Perche - logoRemercions la ville de Mortagne-au-Perche et la CdC de Mortagne pour nous avoir mis à disposition gracieusement le Carré du Perche. Merci aussi aux personnels du Carré du Perche (sous la direction d’Adèle Gautier-Lamiroté) et du service technique de la ville, pour nous avoir préparé le matériel nécessaire et les salles.

Un public nombreux

Ouverture du colloque, avec les organisateurs de cette manifestation, de gauche à droite : G. Gosset et M. Ganivet (prise de son et diaporama), A. Morin (président des Amis du Perche), P. Tricot (président de la Fondation des Aveugles de Guerre) et J-F Suzanne (président du comité scientifique des Amis du Perche).
(© Gaëtan Vaudron, APO)

Le samedi matin a débuté par les mots d’accueil de notre président fédéral Alain Morin et des autorités constituées. Tous ont salué l’organisation de ce week-end scientifique et commémoratif de la Grande Guerre. Le nouveau sous-préfet Grégory Lecru a remercié l’action de son prédécesseur Claude Martin, qui a permis à de nombreuses associations – et notamment les Amis du Perche – d’obtenir la labellisation de leurs projets et un soutien financier. Pierre Tricot, président de la Fondation des Aveugles de Guerre, a rappelé les raisons de la création de l’Union des Aveugles de Guerre au lendemain de la Grande Guerre : 3.000 soldats devinrent des aveugles de guerre, car intoxiqués par les gaz, défigurés par les éclatements d’obus.

Egalement, notons que beaucoup de personnes se sont déplacés durant les 2 jours :
# 170 personnes inscrites et/ou présentes au colloque interrégional, adhérentes des associations partenaires ou pas.
# 30 personnes se sont déplacées en accès libre aux différentes expositions.
# Plus de 100 personnes à la soirée musicale du samedi soir : Fleurs de tranchées.

16 interventions de qualité…

Un auditoire nombreux et attentif. (© Gaëtan Vaudron, APO)

Après l’introduction, rappelant les causes de ce conflit, l’engrenage des déclarations de guerre et les 3 étapes de la Grande Guerre (la guerre de mouvement entre août et décembre 1914, la guerre des tranchées entre 1915 et 1918, puis les grandes offensives allemandes et contre-offensives des Alliés en 1918), Stéphane Tison est revenu et a nuancé « l’esprit de revanche » en s’appuyant des documents locaux.

Vitrail de l’église de Préaux-du-Perche (© Fondation du Patrimoine).

Le 1er thème, « mobilisation et expérience de guerre », a permis le rôle des différentes composantes du 4ème corps d’armée dans la guerre. A partir des travaux du Lt-Colonel Yves Duprez (délégué ornais du Souvenir français), Elisabeth Gautier-Desvaux a montré le rôle de l’infanterie, et notamment dans la bataille d’Ethe (22 août 1914). Monique Gallais a traité de l’aviation et le rôle des Percherons, Ornais et Euréliens dans l’aviation. L’Abbé Robert Ruffray s’est intéressé aux prêtres du Perche durant la guerre (les aumôniers sur le front, les combattants ou encore ceux restés dans le Perche qui accompagnent les familles). Catherine Guimond et Thierry Leterre, respectivement présidente des Amis du musée Alain de Mortagne et président des Amis d’Alain, ont évoqué Alain, citoyen engagé volontaire, son quotidien, son expérience au front (téléphoniste dans l’artillerie), ses relations avec ses élèves. Bernard Malcor, vice-président d’honneur des Amis du Perche, a évoqué son arrière-grand-père, le Général Malcor – commandant l’artillerie de la IVe armée du Général Gouraud – qui managea ses hommes en leur demandant beaucoup d’efforts tout en les préservant des combats meurtriers. Enfin, l’implication des hommes politiques sarthois et euréliens ne fut pas oublié : Patrick Hoguet montra la rôle de Paul Deschanel, président de la Chambre des députés de 1912 à 1920, dans le contrôle des actions de l’armée française, tandis que Stéphane Tison évoqua les actions de Joseph Caillaux, de Paul d’Estournelles de Constant et de Maurice Violette dans la défense de la paix.

Camps d’instruction de Mortagne-au-Perche, 1915.

Le dimanche matin, 4 intervenants ont parlé du « Perche, un rouage de l’autre front », c’est-à-dire l’arrière (2ème thème du colloque). Ainsi, Arnaud Carobbi a parlé du dépôt du 103e Régiment d’Infanterie d’Alençon et les soldats percherons (1914-1915). Il n’a pas hésité du camps d’instruction de Mortagne-au-Perche. Puis, à travers une carte du Perche, Jacky Lecomte a localisé toutes les formations sanitaires dans le Perche (1914-1919). Matthieu Le Goïc s’est intéressé aux bucherons canadiens, qui ont exploité les forêts percheronnes, entre 1916-1919, avec l’aide des prisonniers allemands sous la surveillance des soldats britanniques. Enfin, autre intervention appréciée de tous, lors de ses recherches sur les villages du Pin-la-Garenne, Eperrais, Mauves-sur-Huisne, Corbon et Comblot, Michel Ganivet nous a tracé l’histoire d’Alexandre Gapin (1893-1917), enfant assisté de Paris, soldat de la Grande Guerre : itinéraire d’un « mauvais garçon » devenu héros.

Pierre Heudier, J-F Suzanne et Gérard Bourdin, le dimanche après-midi. (© Patrick Suzanne, APO).

Le dimanche après-midi était consacré au 3ème et dernier thème : « les traces de la guerre. Traumatisme et mémoire ». Ainsi, Jean-Michel Durand s’est penché sur la population mobilisée et les morts pour la France. Il a tenté d’apporter des données sociologiques et de réaliser un essai de quantification. Ensuite, trois traces de mémoire nous ont été présentés : la mémoire par la pierre, c’est-à-dire les monuments aux morts du Perche ornais (par Gérard Bourdin); le verre, c’est-à-dire les vitraux de l’église de Préaux-du-Perche, permettant à Patrick Bard d’évoquer 18 Préaliens morts pour la France ; le papier ou l’écrit, car Pierre Heudier est revenu sur Alain, militant de la paix et engagé volontaire à travers des lectures de textes.

… sous la présidence scientifique de Stéphane Tison.

A la fin de chaque demi-journée, Stéphane TISON, maître de conférences à l’université du Maine et membre du CERHIO (Centre de recherche historique de l’Ouest), a apporté aux débats des réponses sur les différents sujets.

Lors de sa conclusion, il est revenu sur plusieurs points :
# Le front, lieu de conflit, avec la diversité des soldats (Alexandre Gapin, les poilus de Préaux-du-Perche, les intellectuels comme le philosophe Alain) et des officiers (le Général Malcor), de leurs fonctions (membre de l’infanterie, de l’artillerie, de l’aviation, etc.).
# Le Perche, qui est à l’image de l’engagement de la France dans la guerre. La population a participé à l’effort de guerre. De plus, le Perche est inscrit dans la dimension mondiale du conflit, par la présence de Canadiens, de Britanniques, d’Allemands, etc.
# La démocratie à l’épreuve de la guerre. Après une période pendant laquelle la démocratie est en suspend d’août à décembre 1914, dans le contexte de l’invasion, des possibilité de débat réapparaissent, au Parlement, mais également entre soldats et officiers, surtout subalternes au sein des unités.
# Les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, qui ont permis de mettre à jour de nouvelles archives (nationales, départementales, privées), et donc de travailler sur de nouveaux sujets dans un climat apaisé.

Il encourage les historiens du Perche à poursuivre leurs travaux et lancent de nouvelles pistes de recherches :
# L’importance des activités économiques à l’arrière, dans le Perche, dans l’économie de guerre (l’agriculture, l’industrie).
# les prisonniers de guerre, qui – malgré eux – ont participé à l’effort de guerre français.
# le rôle des femmes.
# etc.

Tous les intervenants et les participants ont remercié Stéphane Tison, pour son aide et l’enrichissement de l’histoire percheronne.

Après 2 journées de colloque, Stéphane TISON apporte sa conclusion scientifique sur "Le Perche de 1914 à 1918'' (© Patrick Suzanne, APO).

Après 2 journées de colloque, Stéphane TISON apporte sa conclusion scientifique sur « Le Perche de 1914 à 1918 » (© Patrick Suzanne, APO).

« Fleurs de tranchées », une soirée musicale appréciée

Pascal Bolantin et Geneviève Haba ont animé la soirée du samedi. (© J-F Suzanne, APO).

Pour le samedi soir, vers 21 heures, les Amis du musée Alain de Mortagne avaient organisé un intermède musical, coupant  ces 2 journées de travaux scientifiques. Geneviève Haba et son pianiste Pascal Bolantin nous ont interprété des chansons de 1914, écrites par des Poilus eux-mêmes ou des auteurs tels que Théodore Botrel et Vincent Scotto. Cette soirée a montré le patriotisme des soldats, mais aussi leur peur, le désespoir, ou encore le courage et le sacrifice. Cette soirée s’est accompagnée de vins chauds et d’échanges.

Poursuite des commémorations en 2015

Dimanche 5 octobre, en fin d’après-midi, après les mots de conclusion de Catherine Guimond (présidente des Amis du musée Alain) et de Jean-Noël Lavigne (trésorier de la Fondation des Aveugles de Guerre), Jean de Tappie (vice-président de la Fédération des Amis du Perche et président des Amis du Perche du Loir-et-Cher et de la Sarthe) a clôturé ces 2 journées culturelles et scientifiques.

Les administrateurs des Amis du Perche de l’Orne, qui se sont occupés de l’accueil et de la librairie : Annie Ganivet, Lilianne Guinle, André Quiblier, Rachel Siccard et Monique Suzanne. Absent sur la photo: Jean-Sébastien Suzanne. (© Patrick Suzanne, APO).

Tout d’abord, il a remercié toutes les personnalités locales et départementales d’avoir soutenu cette initiative des Amis du Perche, des Amis du musée Alain, du Souvenir français et de la Fondation des Aveugles de Guerre. Il a félicité les organisateurs pour la qualité des travaux, permettant l’enrichissement de l’histoire de notre province : le Perche et de ses habitants. Egalement, il a salué le rôle déterminant des administrateurs des Amis du Perche de l’Orne, qui se sont occupés de l’accueil, de la librairie, de l’intendance, des prises de son (Gérard Gosset) et vidéo (Gaëtan Vaudron), des projections informatiques (Michel Ganivet), de l’animation des débats avec les micro.

Il a remercié chaleureusement Stéphane Tison pour son implication dans ce colloque et sa présence lors des différentes réunions préparatoires. Il l’a sollicité pour participer à nos futurs travaux et notamment le colloque 2018. En effet, pour Jean de Tappie, ce colloque interrégional n’est pas un aboutissement de nos travaux sur le Perche et la Grande Guerre, mais le commencement d’un travail historique et scientifique, mené sous la coordination du Comité scientifique de la Fédération des Amis du Perche. Ainsi, dès les mois à venir, toutes les associations départementales des Amis du Perche (en lien avec le comité scientifique) organiseront des conférences ouvertes à tous, qui s’étaleront jusqu’en 2018, année du 6ème colloque interrégional, à Nogent-le-Rotrou, consacré sur « Le Perche en 1918 et au lendemain de la Victoire » (titre provisoire). Un programme sera réalisé dans les mois à venir.

LogoCG61En attendant, les Amis du Perche prépareront l’édition des Actes du colloque 2014, ouvrage soutenu actuellement par la mission Centenaire, la Fondation des Aveugles de Guerre, le Conseil général de l’Orne, le Parc naturel régional du Perche.

Jean de Tappie, entouré de Michel Krecke, de Jean-François Suzanne et de Stéphane Tison, clôture ce 5ème colloque interrégional des Amis du Perche. (© Patrick Suzanne, APO).

Enfin, en 2015, les associations départementales des Amis du Perche, en lien avec le comité scientifique, organiseront 4 demi-journées d’étude sur la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un programme sera réalisé dans les mois à venir.

En conclusion, Jean de Tappie rappelé que, depuis 1947, Georges MASSIOT, Philippe SIGURET et Alain MORIN, présidents des Amis du Perche, ont souhaité développer la recherche et la connaissance historique. Pour lui, La tenue de ce colloque interrégional – et surtout la présence de 170 personnes durant ces 2 jours -  nous invite à persévérer et à continuer cet objectif lors de nos prochaines manifestations.

Jean-François SUZANNE
Président du comité scientifique de la Fédération des Amis du Perche
jean-francois.suzanne@orange.fr

Sur le colloque 2014 et la Grande Guerre, d’autres pages à consulter :

Colloque interrégional : introduction.

Programme et interventions du colloque 2014 : « Le perche de 1914 à 1918 ».

Samedi 5 octobre 2014, soirée musicale : « Fleurs de tranchées ».

Des expositions visibles librement lors du colloque.

La presse locale parle du colloque 2014.

# Du 8 au 23 novembre, Nogent-le-Rotrou commémore la Grande Guerre.

Page créée le 20 octobre 2014, mise à jour le 26 octobre 2014. 

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