1916-2016 : les Percherons lors de la bataille de la Somme

   Voici 100 ans, le 18 novembre 1916, la bataille de la Somme prenait fin. Celle-ci avait débuté le 1er juillet. Au total, plus de 443 000 morts et disparus, mais aussi 616 000 blessés, sont à dénombrés, dont des Percherons. Retour sur cette bataille meurtrière de la Première Guerre mondiale.

Des forces franco-britanniques opposées aux Allemands

   Afin de soulager la pression sur Verdun où s’opposent Français et Allemands depuis le 21 février 1916, le commandement allié décide de lancer l’offensive sur la Somme. Celle-ci est déclenchée le 1er juillet, entre Albert, Bapaume et Péronne. Menée par les forces britanniques (avec l’appui des forces françaises), cette bataille a pour but de réaliser une percée dans la 2e armée allemande, sur un front de 40km.

Détail du monument aux morts de Mortagne-au-Perche, la guerre des tranchées

Détail du monument aux morts de Mortagne-au-Perche, la guerre des tranchées

   La première journée de combats est catastrophique pour les Britanniques : 19 240 morts, 2000 disparus et plus de 35 000 blessés. Le régiment royal de Terre-Neuve (Canada) est décimé. Puis, les forces britanniques parviennent à prendre progressivement des positions allemandes. À force de mener des attaques, l’armée française prend position à proximité de Péronne.

   Parmi ces Français, nous comptons la présence du sergent Armand Bouvier. Mobilisé le 2 août 1914 à 20 ans dans le 103e RI, le jeune Pinois est admis au grade de caporal le 10 décembre. En août 1915, il nommé sergent et est muté au 37e RI. Blessé le 27 septembre à Beauséjour (offensive de Champagne), il est évacué à l’hôpital du Mont-Dore, puis achève sa convalescence à Clermont-Ferrand (fin novembre) avant de regagner son unité. Lors de l’hiver 1916-1917, on le retrouve au Bois Carré, sur le bord de la rivière la Seille, « dans un secteur tranquille ».

   Du côté allemand, 35 divisions sont retirées du secteur de Verdun pour renforcer le front devant Bapaume. La stratégie de Joffre s’avère ‘‘payante’’.

De nouvelles armes

   Outre l’infanterie, cette bataille s’appuie sur l’artillerie lourde. Certains canons à longue portée sont placés sur des wagons et peuvent envoyer des obus de 400mm. Ainsi, deux Comblotais sont blessés par des éclats d’obus. Le premier, Eugène Férault (37 ans), est touché à la poitrine, le 20 juillet, en montant la garde devant Parvillers-le-Quesnoy. Le second, Alphonse Louveau (42 ans) est blessé à l’épaule, le 28 octobre, à Grivillers. Egalement, en septembre, apparaissent les tanks, c’est-à-dire les chars britanniques.

   Mais le conflit est aussi aérien, avec une supériorité de l’armée française. Certains pilotes ont pour mission de mitrailler les tranchées ennemies. D’autres, comme Marcel Baux (pilote sur Nieuport depuis le 8 mai 1916), font de la reconnaissance des lignes ennemies. Ainsi, le 8 mai 1917, le natif de Chartres reçoit la citation suivante : « Excellent pilote plein d’entrain et d’énergie. Pendant la bataille de la Somme, et au cours des dernières opérations, [il] s’est spécialisé dans les missions d’infanterie. »

Un lourd tribut

   Toutefois, de nombreux Percherons perdent la vie lors de cette bataille. Parmi eux, nous dénombrons Auguste Chevalier (36 ans, journalier à Eperrais, père de 2 enfants), soldat au 324e régime d’infanterie, est mortellement fauché le 15 juillet lors d’une attaque allemande près de Péronne. Cinq jours plus tard, le sergent Raymond Jeudon (26 ans, natif de Mauves), du 404e RI, meurt dans le secteur de Belloy-en-Santerre.

12. Marcel Buté, vitrail-monument aux morts de Préaux (Patrick bard)

Marcel Buté, vitrail-monument aux morts de Préaux
(Patrick bard)

   Lors de la reprise des offensives (septembre – novembre 1916), Léon Leprince (23 ans, originaire de Mauves, domicilié au Pin), déjà blessé en 1915 aux Eparges, est tué à Bouchavenes le 5 octobre. Puis, cinq jours plus tard, le Préalien Marcel Buté, âgé de 21 ans et conscrit au 150e régiment d’infanterie, est blessé à mort lors de l’offensive sur Sailly-Saillisel (près de Rancourt). Il sera décoré à titre posthume de la Croix de guerre. Aussi, le 19 octobre, l’épouse d’Auguste Pézard, de Mauves, devient veuve et doit annoncer la terrible nouvelle à ses trois enfants.

   Depuis le 5 novembre, le conflit s’enlise. L’armée française rencontre une forte résistance allemande. Ainsi, le 13 novembre, le facteur du Pin, Clovis Fromentin est tué à l’ennemi à Combles. A partir du 18 novembre, les conditions climatiques se dégradent (pluie glaciale, neige, blizzard), qui poussent les généraux britannique et français, respectivement Haig et Joffre, à cesser la bataille de la Somme.

Source :

Couv. 50e jour siteCouv actes 1418 impGanivet (Michel), Le Cinquantième jour, éditions des Amis du Perche, 2014, 326 pages. 21€ (frais de port offerts). Pour commander, cliquez ici.

Suzanne (Jean-François) et Tison (Stéphane), Le Perche de 1914 à 1918, éditions des Amis du Perche, 2015, 424 pages. 33€ (frais de port inclus). Pour commander, cliquez ici.

En vente en librairies et maisons de la presse du Perche, ou auprès des Amis du Perche.

Voir aussi :

# « Il y a cent ans, des Percherons débutaient la bataille de Verdun », mis en ligne par Amine El-Hasnaouy, sur www.le-perche.fr, le 23 février 2016.

# « La ville de Mamers dans la Grande Guerre », mis en ligne par Amine El-Hasnaouy, sur www.le-perche.fr, le 23 novembre 2016.

Page créée le 29 décembre 2016

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